Votre téléphone mobile change les moyens d’accéder à la radio diffusée sur Internet et perce les châteaux forts de l’écoute radio en devenant accessible de la maison et dans l’auto.
Depuis l’arrivée de la diffusion de la radio sur le web, qu’on écoute généralement par le biais de notre ordinateur, donc au bureau principalement, les diffuseurs n’avaient pas encore à craindre beaucoup pour leurs côtes d’écoute. Puis arriva le service XML par satellite, qui n’atteint pas suffisamment d’auditeurs pour devenir une menace réelle. Puis vint Google.
D’après Claire Cain Miller du New York Times, ma fille de 12 ans aura peine à se rappeler plus tard cette radio qui utilisait des postes choisis par une roulette ou une séquence sur une bande. Les applications pour obtenir la radio par la bais de nos téléphones cellulaires seront la norme. Aussi bien dans l’automobile qu’à la maison, qui posséderont tous deux des docks pour accueillir nos inséparables. La radio vivra la fragmentation arrivée il y a quelques années à la télévision. Et tant pis pour le CRTC. Mais nous, annonceurs, comment arriverons-nous à nous y retrouver entre un auditoire fragmenté par l’accès à des milliers de postes radiophoniques accessibles par notre auditoire ? Par l’accès à la diffusion locale bien entendu !
À prévoir, des pointes d’achalandage fortes, propices à écouter nos nouvelles et rester près de notre communauté lorsqu’on écoute la radio dans l’auto mais une dispersion incontrôlable dans les heures consacrées surtout à l’écoute musicale. Mais comment rejoindre l’auditeur sur son téléphone resté dans la poche, sur le système de son ou sur le tableau de bord de l’automobile ?
Pandora, le populaire site web de diffusion radio diffusée uniquement au États-Unis a réussi à attirer plus de 11 millions d’abonnés à son service de diffusion mobile (35 millions d’abonnés sur son site), lance son application pour les téléphones utilisant l’application de Google Android. Je vous rappelle que Google sait retracer géographiquement votre téléphone et connaît vos habitudes de navigation, probablement vos préférences et bientôt le nom de tous vos amis. Il est donc fort à parier que Google saura vous séduire, chers annonceurs, pour utiliser son service publicitaire radiophonique.
D’après eux, le CTR (Click Trought Rates) sur téléphone mobile serait deux fois plus grand que sur le site web. Étonnant. Mais l’effet de nouveauté de ces annonceurs innovateurs n’y serait pas étranger selon moi.
Je m’ennuie presque déjà des annonces d’André Arthur et de Robert Gilet, célèbres animateurs radio de la Vieille Capitale, qui interrompaient constamment leur émission pour annoncer leurs commanditaires locaux. Comment nos enfants interagiront avec leur radio ? Seul Google le sait.
